Dans la race Shorthorn, comme dans presque toutes les populations génétiques, humaines et animales, des conditions ou des défauts génétiques apparaissent de temps à autre. Les termes condition et défaut tendent à être interchangeables bien que, généralement, le défaut peut cause la mort.
 
Il existe quatre conditions/défauts qui peuvent être prévalents dans les populations de Shorthorn et le dépistage de ces derniers est disponible auprès de Neogen, le fournisseur de services génomiques de la CSA. La plupart des résultats mortels peuvent être évités et l’exposition peut être gérée en s’assurant que le père et la mère ne sont pas porteurs du gène et si l’un d’eux l’est, il est important de connaître le statut négatif ou positif de l’animal avec lequel il sera accouplé.

 

Le Digital beef de la CSA fournit des données précieuses sur les animaux du système en indiquant si un animal a été testé ou non et, le cas échéant, quel est son statut positif ou négatif.

 

TH (HÉMIMÉLIE TABIALE)

La TH est un défaut génétique mortel qui survient lorsqu’un animal hérite de deux copies du
gène récessif (père et mère). Les veaux naissent avec de graves malformations, notamment des pattes arrière tordues avec des articulations soudées, de grandes hernies abdominales et/ou des déformations du crâne. Si les veaux survivent à la naissance, ils ne peuvent pas se tenir debout et ne vivent pas longtemps.


En 2006, la CSA a exigé que tous les taureaux engendrant des veaux au Canada soient testés pour le TH avant que ces veaux puissent être enregistrés.

PHA (HYPOPLASIE PULMONAIRE AVEC ANASARQUE)

La PHA est une mutation génétique mortelle lorsqu’un animal hérite de deux copies du gène
récessif (père et mère). Les veaux naissent morts avec des poumons sous-développés
(hypoplasie pulmonaire) et un gonflement extrême causé par une rétention excessive de
liquide (anasarque). Il s’agit d’un défaut potentiellement doublement mortel, car la vache ne
peut souvent pas survivre en tentant de mettre le veau au monde.

DS (SUBLUXATION DIGITALE)

La DS n’est pas une condition mortelle d’un point de vue génétique. Les animaux qui portent
deux copies du gène indésirable (père et mère) sont connus sous le nom d’homozygotes et
portent le symbole « DSH » dans le Digital beef registry. La plupart des bovins qui sont DSH
montrent des signes extérieurs de la condition génétique, généralement une malformation du paturon arrière (zone de la cheville). Il est important de savoir que TOUTE la progéniture des animaux DSH sera au moins porteuse de la condition et que les porteurs seront reconnus par le symbole DSC dans le registre. Bien que la mutation originale se soit produite dans des populations complètement distinctes, la condition DS se trouve sur le même chromosome que la condition PHA et, par conséquent, il semble qu’un animal porteur de PHA accouplé avec un porteur de DS puisse entraîner les mêmes déformations physiques que l’accouplement de deux porteurs de DS.

MYOSTATINE (ÉGALEMENT APPELÉ DOUBLE MUSCULATURE)

Un animal classé comme porteur du gène myostatine n’a pas réellement deux muscles à la
place d’un muscle normal. Toutefois, en raison d’une anomalie génétique, l’animal affecté
possède un plus grand nombre de fibres musculaires, ce qui peut se traduire par une masse
musculaire beaucoup plus importante que la normale. Cette condition est courante chez de
nombreux mammifères et est due à la production de « myostatine », une protéine présente
dans le gène qui régule la croissance musculaire. Chez les animaux normaux, la myostatine
indique aux muscles d’arrêter de croître lorsqu’ils atteignent une certaine taille ; cependant, le gène défectueux ne contient pas la protéine myostatine et permet donc au muscle de continuer à croître.
 
Neuf mutations (également appelées variants) du gène myostatine ont été identifiées et
certaines sont plus fréquentes que d’autres dans certaines races bovines canadiennes. Six de ces neuf variants sont classés comme « disruptifs », puisqu’ils risquent de causer, en plus du phénomène de musculature excessive, des conditions défavorables telles qu’une augmentation du poids à la naissance et des difficultés de vêlage. Les trois autres variants sont qualifiés de « faux sens » ou de non disruptifs. Les neuf variants identifiés sont les suivants :

divider.jpg

Variants Disruptifs

E226X, nt419, nt821, C313Y, E291X, 0204X

divider.jpg

Variants Non Disruptifs

D128N, F94L, nt821, S105C

La condition de la myostatine n’est pas classée comme un défaut génétique récessif simple,
comme la TH par exemple, où le porteur est un animal qui n’a pas d’effet physique, mais qui
« porte » le défaut (essentiellement caché) et peut le transmettre à sa progéniture. La condition de la myostatine touche tous les animaux dont les variants ne sont pas « 0 ». Toutefois, cet aspect physique peut être presque imperceptible, ou au contraire être visible ou encore l’animal est déformé. En général, on s’attend à ce que les individus porteurs d’un seul variant présentent une musculature beaucoup moins importante que ceux porteurs de deux variants.

Dans le registre numérique du bœuf sous un onglet ADN d'animaux, les résultats des tests seront généralement présentés comme dans les exemples suivants :

divider.jpg

0

Aucun variant présent

divider.jpg

1, E226X

1 copie du variant est présente

divider.jpg

2, E226X

2 copies du variant sont présentes

divider.jpg

1, E226X; 1, nt419

1 copie de chacun des 2 variants différents est présente

Les résultats prévisibles de l’accouplement de taureaux et de mères qui présentent ou non un variant du gène myostatine dans leur ADN peuvent être regroupés comme suit :

divider.jpg

0 x 1, V

50 % ont 0 copie ; 50 % ont 1 copie

divider.jpg

1,V x 1,V

25 % ont 0 copie, 50 % ont 1 copie ; 25 % ont 2 copies

divider.jpg

0 x 2,V

100 % ont 1 copie

divider.jpg

1,V x 2,V

50 % ont 1 copie ; 50 % ont 2 copies

divider.jpg

2,V x 2,V

100 % ont 2 copies

Comme pour la plupart des conditions génétiques, il existe souvent d’autres caractéristiques
positives et négatives associées. Les caractéristiques positives de la condition de la myostatine sont entre autres : une viande plus maigre (moins de graisse intramusculaire), une plus grande tendreté, des côtes plus larges et un meilleur rendement de carcasse. Parmi les caractéristiques négatives, on peut noter : des poids à la naissance plus élevés, des difficultés de vêlage, des os plus fins et une moindre couverture de graisse.
 
Pour des raisons liées aux caractéristiques positives et négatives mentionnées ci-dessus, les
éleveurs peuvent choisir d’inclure des animaux positifs à la myostatine dans leur troupeau et de les gérer avec des programmes de reproduction minutieux. Ou bien les éleveurs peuvent choisir de ne pas procéder à une telle gestion et de ne pas inclure d'animaux positifs à la myostatine dans leur troupeau. Les deux programmes sont valables et acceptables et la disponibilité de tests génétiques pour la présence de la condition garantit que la gestion, quelle qu’elle soit, est accessible à tous les membres.